Est-il trop tôt pour réviser les examens de juin ?

examens de juin
Réviser pour les examens de juin : les vacances de printemps sont-ils le bon moment?

Les examens de juin approchent et vous hésitez à mettre votre ado au travail pendant les vacances de printemps ? Découvrez pourquoi attendre est une erreur stratégique et comment 20 minutes par jour de réactivation active peuvent transformer ses révisions en autoroute du succès.

1.   Les 3 pièges de la parentalité en période de vacances :

À l’approche des vacances de printemps, je vois souvent les parents d’ados osciller entre deux extrêmes : la panique totale ou l’aveuglement volontaire. Voici les trois discours intérieurs qui, sous couvert de bon sens, sont en train de couper l’herbe sous les pieds de votre ado.

Raison 1 pour ne pas préparer les examens de juin : « On a encore le temps, les examens sont dans 3 mois »

C’est le piège de la procrastination par procuration. Trois mois, cela semble une éternité. On a l’impression que ces révisions ne vont servir à rien, que ce qu’il va revoir pendant ces vacances sera vite oublié, mais détrompez-vous ! Comme nous allons le découvrir dans cet article, le cerveau a besoin de répétition. Le programme de toute une année ne rentre pas dans une tête en trois semaines de blocus intensif en juin. Les révisions espacées sont une solution sur le long terme ! En effet, si vous attendez le dernier moment, vous condamnez votre ado au « gavage » (on emmagasine tout, on recrache tout, puis… on oublie tout). Commencer maintenant, ce n’est pas travailler plus, c’est diluer l’effort et consolider ses acquis.

Raison 2 pour ne pas préparer ses examens de juin : « Il a besoin de se reposer, c’est les vacances ! »

C’est l’argument le plus raisonnable, celui qui, en tant que coach, me parle le plus. Bien sûr, le repos est sacré. Mais il faut rester vigilant : le repos total (zéro activité cognitive pendant 15 jours) provoque une grande perte, au niveau des savoirs, mais aussi au niveau du câblage neuronal. Évidemment, les congés permettent de récupérer les dettes de sommeil, de changer de rythme pour se ressourcer, mais réviser ne veut pas dire s’enfermer 8 h par jour pour bachoter ! Entre 14 h de jeux vidéos et 0 h de cours, il existe une multitude de possibilités, et un juste milieu. 20 minutes de réactivation active minimum par jour ne gâchent pas les vacances. En plus, elles permettent plus de sérénité au mois de juin.

Raison 3 pour ne pas préparer ses examens de juin : « De toute manière, son année est foutue, alors… »

C’est l’écueil le plus dangereux : renoncer. « Foutu pour foutu, autant qu’il profite de ses vacances. » NON, une année scolaire n’est jamais vraiment foutue. Même si les échecs sont là, et que le maintien est (presque) irrévocable, on peut utiliser cette période pour acquérir une méthodologie solide (comme la réactivation active dont on va parler plus bas), ou acquérir les prérequis scolaires manquants, c’est se préparer à mieux rebondir ; et qui sait ? On vivra au mieux un miracle en juin, au pire une rentrée prochaine réussie. C’est maintenant qu’on casse la spirale de l’échec, que l’on capitalise ce sursis pour l’investir dans l’avenir.

Mais alors, que fait-on ? Réviser or not réviser ? Pourquoi ? Et surtout, comment ?

2. Comprendre le fonctionnement du cerveau pour réussir les examens :

 Le cerveau de votre enfant, et le vôtre aussi d’ailleurs, est programmé pour oublier. Si votre enfant oublie ses cours d’une semaine à l’autre, ce n’est pas parce qu’il a une « mauvaise mémoire ». C’est parce que son cerveau effectue son travail correctement.

la réussite scolaire et les révisions
Réussir ses examens en juin

Le tri du cerveau

Notre mémoire travaille en 3 temps : la mémoire sensorielle, la mémoire de travail (à court terme) et la mémoire à long terme. Cette dernière est elle-même composée de plusieurs catégories.

La réalité neuronale est bien plus complexe que ma tentative de vulgarisation ; néanmoins, vous pouvez vous rendre compte de la manière dont fonctionne la mémoire avec cette explication :

  1. La première chose que fait le cerveau : il trie. Nos sens lui envoient une multitude d’informations : des ressentis (il fait froid, on a faim, la lumière est trop vive, tout ce qu’on lit, ce que l’on voit). Il ne peut pas tout stocker ! Imaginez qu’il garde en mémoire toutes les plaques d’immatriculation des voitures que vous croisez, ou tous les prix du supermarché, ce serait l’overdose. Et puis, pourquoi quoi faire ? Donc, lorsque le cerveau trie, il répond à une règle simple : « Si on ne s’en sert pas, on le jette. ».
  2. Le cerveau programme l’oubli : Le sujet principal du film vice-versa 1 sont les émotions, mais dans un extrait, Joie et tristesse se perdent dans la mémoire à long terme. Ce passage explique bien ce phénomène : elles y croisent Bobby et Paula, les oublieurs. Ils trient les souvenirs à garder et ceux à effacer. Les souvenirs que Riley ne réactive pas finissent aux oubliettes.

Lorsque votre ado se contente de lire son cours, le cerveau reçoit de l’information, mais il ne reçoit pas le signal qu’elle est importante. Seules la mémoire sensorielle et celle à court terme sont sollicitées. L’information est donc vite oubliée. Si les informations sont arrivées dans la mémoire à long terme, il sera donc important de refaire émerger ces informations, de les convoquer à intervalles réguliers pour ne pas donner le signal au cerveau de les oublier.

Réviser pour réussir ses examens : la métaphore du chemin dans la forêt

Pour bien comprendre comment on ancre une information, utilisons l’image du sentier dans la forêt, dans la forêt ardennaise, évidemment.😉

l'autoroute neuronale
Réactiver ses cours ,c’est comme créer un chemin, puis une autoroute dans une foret.

Apprendre une nouvelle notion (comme l’organisation d’une ville médiévale ou une formule de physique), c’est comme essayer de traverser une forêt épaisse pour aller d’un point A à un point B.

  1. La première lecture : votre enfant se fraye un passage à la machette. C’est difficile, ça demande de l’effort. Une fois arrivé, il y a un minuscule sentier de brindilles écrasées, qui menace de s’effacer dès le lendemain.
  2. L’oubli : s’il ne repasse pas par là pendant 15 jours, la végétation reprend ses droits. Le sentier, fragile, disparait. L’effort conséquent n’a pas porté ses fruits. Toute l’information est passée aux oubliettes.
  3. La réactivation active : chaque fois que votre enfant fait l’effort de se souvenir, c’est comme s’il repassait sur le sentier avec une équipe de terrassement.
    • Au 2e passage, le sentier est visible.
    • Au 4e passage, c’est un chemin de terre battue.
    • Au 7e passage, c’est une autoroute goudronnée.

Le voilà le secret : le jour de l’examen, sous l’effet du stress, votre enfant ne peut pas se frayer un chemin à la machette. Il a besoin que l’information roule sur une autoroute. Et cette autoroute, elle se construit maintenant, petit à petit. Oui, mais, comment on fait ?

3. Le plan d’action : comment programmer la réussite aux examens dès les vacances de printemps

Lorsque l’on envoie nos chérubins réviser, on a tendance à leur dire : « va relire tes cours ». Attention ! C’est la plus grande erreur méthodologique de tous les temps, et de loin la plus répandue ! Relire n’est pas la meilleure façon de réactiver la leçon, bien au contraire ! L’unique relecture rend le cerveau passif, il s’ennuie et ne demande qu’à faire autre chose de bien plus stimulant ! Maintenant vous le savez : lire ne suffit pas. Mais alors, comment aide-t-on concrètement votre ado à réviser efficacement pendant ces vacances de printemps ? Voici une piste à explorer.

organisation
Optimiser son temps de révision pendant les vacances de printemps pour réussir ses examens en juin

Étape 1 : Faire l’inventaire et sortir du brouillard

Quand on démarre une session de révision, le stress vient souvent de l’impression d’une montagne insurmontable. On a plusieurs matières et, dans chaque matière, un nombre plus ou moins important de chapitres qui sont plus ou moins maitrisés. Avant de se jeter, à cor et à cri, dans une séance de révision, prenez le temps de faire un inventaire avec votre ado.

  • Prenez une feuille par matière et listez ensemble les chapitres à connaitre pour juin. ATTENTION : soyez précis ! Préférez le titre de la leçon (le théorème de Pythagore) plutôt que quelque chose de généraliste (le chapitre 4 en maths).
  • L’objectif : Transformer « Je dois tout réviser » en « Je veux maitriser ces 12 points ». C’est mathématique, c’est précis, c’est donc rassurant.

Étape 2 : Planifier des séances courtes

Depuis les travaux sur l’attention du docteur en neurosciences, Jean-Philippe Lachaux, nous savons que le cerveau d’un ado sature après 40 à 50 minutes. En conséquence, pour construire une autoroute, il vaut mieux couler un peu de béton chaque jour plutôt que d’essayer de tout bâtir en une nuit.

 Planifiez des séances de 20 à 50 minutes. Pas plus. Vous pouvez tester quelle est la durée idéale pour votre ado : vous commencez par 20 minutes puis augmenter séance après séance. Ne dépassez en aucun cas les 50 minutes, ce serait contreproductif. Pendant la séance, il conviendra de maintenir une concentration totale (le téléphone dans une autre pièce c’est absolument indispensable).

Que faire concrètement pendant cette courte période ? On a déjà compris que juste relire n’est pas la solution la plus efficace, par laquelle la remplacer.

Étape 3 : Pratiquer la réactivation active, exemple d’une leçon d’histoire au collège

Pour chaque session, commencez par travailler avec le cahier fermé. J’entends les protestations de votre ado d’ici : quoi, mais je n’y arriverai jamais, ça fait trop longtemps, je ne me souviens de rien…. Ne vous laissez pas berner par cette pseudo-ignorance apprise. La récupération en mémoire est surement difficile, surtout la première fois, mais vous verrez, en insistant un peu, il va finir par se souvenir que quelque chose : un détail, une formule, une blague du prof, ou que sais-je. Profitez de ce point de départ et déliez le fil, en vrac au début, puis de plus en plus souvent, de manière structurée.

Par exemple, au collège (ou en 2e secondaire, pour les belges), le cours d’histoire porte, entre autres, sur la ville au Moyen Âge. Votre enfant pense connaitre son cours ? OK, testez-le. Donnez-lui une feuille blanche et demandez-lui SANS relire son cours de reconstruire sa leçon :

  • « Dessine-moi le plan de la ville : où sont les bastions ? Où se situent les échoppes ? Quelle différence entre la ville haute et la ville basse ? »
  • Il doit extraire l’information de sa tête pour la poser sur le papier. En pratiquant cette méthode, il est en train de goudronner son autoroute neuronale. S’il se contente de regarder le dessin du livre, il se souvient vaguement de l’avoir déjà vu et il reste le simple spectateur passif de sa leçon.
  • Laissez un peu de temps pour faire émerger les souvenirs. Après 10-15 minutes, allez vérifier dans le cours, ou sur sa (propre) synthèse, ce qu’il manque. Et complétez le schéma, peut-être dans une autre couleur.
  • Cette technique, non seulement permet de renforcer les chemins neuronaux du cerveau de votre ado, mais, aussi, elle le rend actif ! Il en sera plus motivé et plus attentif !
  • Prenez quelques minutes, avant de passer à une autre leçon pour volontairement mémoriser ces informations.

Étape 4 : Oser demander de l’aide !

Si, malgré ces tentatives, le ton monte, si votre ado bloque devant la feuille blanche ou si la méthode ne semble pas « imprimer », ne restez pas seuls. Parfois, le blocage n’est pas intellectuel, il est méthodologique ou émotionnel. Demander l’aide d’un regard extérieur (professeur, coach) n’est pas un aveu d’échec, c’est une stratégie gagnante. Les sportifs ont des coachs, les musiciens des instructeurs, les étudiants des professeurs, nous n’apprenons que mieux dans la relation d’aide et de transmission ! Le soutien scolaire ou méthodologique fait partie intégrante du chemin vers la réussite scolaire.

4. Les outils numériques pour muscler les révisions pour les examens

Pour rendre la réactivation active, ludique et automatique, votre enfant peut s’appuyer sur des outils qui feront le travail de « planification » à sa place.

  • Anki (ou les flashcards) : C’est l’outil numérique roi de la mémorisation. Le principe ? Une question au recto, la réponse au verso. L’application utilise un algorithme qui remontre la carte à votre enfant juste au moment où il est sur le point de l’oublier. C’est la méthode parfaite pour les définitions, les dates d’histoire ou les formules de mathématiques. Mais aussi pour le vocabulaire de langue étrangère (langue étrangère d’un côté, langue maternelle de l’autre)
  • Notebook LM de Google : Vous pouvez y télécharger un PDF ou un document Word, le système de Google va vous générer des cartes mentales, des quizz, des fiches de révision et même si vous le souhaitez, des vidéos ou des podcasts ! (Attention à l’assimilation passive dans ces 2 dernières solutions, mais ça reste pratique pour optimiser les temps de transport)

CONCLUSION : Passer du mode « survivre à l’école » à « maitriser son futur »

Vous l’avez compris : il n’est jamais trop tôt pour commencer, à préparer ses examens, car apprendre n’est pas une course de vitesse, mais une question de sentiers que l’on entretient.

Cependant, je sais d’expérience que la théorie est parfois plus simple que la pratique. Entre les tensions à la maison, le manque de confiance de l’ado ou une méthode qui semble ne pas porter ses fruits malgré les efforts, le chemin peut être sinueux.

Mon rôle de coach scolaire spécialisé en pédagogie PNL est de transformer ces blocages en autoroutes. Si vous sentez que votre enfant a besoin d’un « déclic » pour changer sa posture face à ses cahiers, si vous voulez qu’il aborde les examens de juin avec sérénité plutôt qu’avec la boule au ventre : ne restez pas seuls.

Et si ces vacances de printemps étaient le point de départ d’une nouvelle manière d’apprendre ? Contactez-moi pour un premier échange : ensemble, nous allons identifier les leviers qui permettront à votre enfant de reprendre le contrôle de sa scolarité.

Besoin d’aide? Envoyez moi un e-mail en précisant vos coordonnées!

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5 commentaires sur “Est-il trop tôt pour réviser les examens de juin ?”

  1. Article enrichissant dans la technique d apprentissage.
    À dupliquer même aux adultes.

    1. Merci Dimitri, effectivement toutes personnes en situation d’apprentissage peuvent utiliser cette technique !

  2. Excellent article ! Ce qui me parle : tu sépares le mécanisme (comment mémorise le cerveau) de la méthode (comment on révise). La métaphore sentier/autoroute est exactement celle que je décris quand j’explique l’acquisition de la langue, répétition espacée, pas bourrage. Et tu as raison : relire c’est spectateur passif ; c’est la récupération effortful qui crée. Tes 20-50 min quotidiennes, c’est le même principe que pratiquer 30 min chaque jour plutôt qu’une session marathon. Bravo pour cet article très intéressant 👍

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire constructif 🙂 C’est un plaisir de voir qu’on est d’accord. Au plaisir de te lire !

  3. Merci pour cet article. Réactiver la mémoire cahier fermé, je crois que c’est une méthode géniale qui marche tellement bien mais qui est si peu utilisée à tort je trouve. Et je partage, ce n’est pas facile de lancer son ado dans cette voie. Ils ne sont pas du tout habitué à travailler de la sorte et c’est bien dommage.

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